L'atelier d'écriture clandestin

Un atelier d'écriture virtuel ouvert à tout ceux qui aiment écrire et désirent s'améliorer

mardi 30 octobre 2007

En retard

Le soleil brille sur la lagune, un courant d'air frais me caresse le corps, chaque minute qui passe me fait du bien.
Mon hamac continue de me bercer depuis que je m'y suis installé. Chaque bruit me fait du bien, que ce soit les oiseaux, le vent dans les arbres ou les singes qui s'égayent au loin...
Je suis seul, d'aucun diraient que c'est une malédiction de vivre seul au paradis, mais pour moi c'est une bénédiction. Ne penser à rien, vivre pour soi. L'île, je l'ai choisie parce que justement j'y suis seul. Presque tout l'argent que j'ai amassé durant ma vie y est passé. Mais je n'en ai rien à faire désormais. Cette île n'est répertoriée sur aucune carte (j'y ai mis le prix), et il ne s'y trouve qu'une toute petite tribu. Ce sont des gens qui me laissent vivre tranquille. Les rares fois où je les ai aperçus, ils m'ont laissé tranquille. Pas question pour eux d'ennuyer l'Homme Blanc.
Bref, je suis enfin heureux. Tranquille.
Les jours passent les uns après les autres et pourtant je ne m'ennuie pas. Chaque jour je découvre une nouvelle vérité ou une nouvelle question.
......

Pendant ce temps, sur le continent. Des militaires et des politiciens discutent. Un attentat vient d'avoir lieu sur un territoire qu'ils sont censés garder sous contrôle pour y amener la paix.
Les terroristes menacent de s'attaquer à cette puissance qui les opprime et les nargue dans leur propre pays.
- Des informations nous sont arrivées par dépêche ce matin. Ils prévoient de s'attaquer à la capitale. On ne sait pas si c'est le métro ou un autre pôle peuplé qui sera attaqué... Que devons-nous faire?
L'homme qui parle est le porte-parole du président. Il tourne la tête pour que tous se sentent interrogés et concernés. C'est une bonne méthode pour impliquer au plus vite chacun des participants dans une conversation.
Un militaire, chargé de la coordination des forces armées avec la police, en profite pour prendre la parole à son tour.
- Si nous prévenons les médias, les civils risquent de se mettre eux-mêmes en danger. Mais ne rien faire est tout aussi dangereux. Je préconise de passer au plan de vigilance Orange. Surveiller les lieux publics et renforcer les contrôles aux frontières. Mais sans vraiment préciser de façon officielle la nature des risques pesant sur nous.

La discussion commence alors à devenir intéressante. Chacune des parties donnant son avis et contredisant les autres. Affirmant sa position, critiquant les idées les plus saugrenues.
Au final alors que tous semblent sur le point d'en venir aux coups, un homme entre dans la salle. Le silence se fait total. L'homme, vêtu d'une chemise blanche et d'un jean, tient encore la poignée de la porte dans sa main. Il est en sueur et a la bouche en cul de poule, comme s'il s'était préparé à dire quelque chose, mais qu'il s'était abstenu au dernier instant.
Un autre homme, habillé en costume, bouscule le premier, le faisant trébucher, mais finissant ainsi de le faire entrer dans la salle.
- Pardon monsieur le président. Excusez-moi.
Se redressant pour se donner contenance.
-C'est bon, Djoherson, ne vous inquiétez pas. Puis à tous. Bonjour messieurs. Veuillez excuser mon retard, mais je n'ai pas pu me libérer plus tôt.
Le porte-Parole du président résume alors toute la discussion et tente au mieux de résumer les propos des uns et des autres.

Après une bonne minute de réflexion que chacun met à profit pour tenter de trouver les mots pour mettre le président de leur côté, la discussion reprend.

Le président écoute tout le monde et, finalement, termine par une question semblant hors de propos.
- Pourquoi n'appelez-vous pas Bargi? Il aurait été l'homme de la situation. S'infiltrer chez eux et s'occuper de faire imploser leur organi...
- Excusez-moi monsieur le Président, mais Bargi Kilmann est en retraite. Il ne peut être rappelé.
Nouveau silence sur l'assemblée.

De nouveau, un homme entre précipitamment dans la salle.
- Pardon de vous déranger messieurs, mais j'ai une terrible nouvelle. Une bombe vient d'exploser dans le métro sud. Habituellement à cette heure, on peut y dénombrer plusieurs centaines de personnes...
Tandis qu'un frisson glacial court sur la peau de tous les hommes de la salle, une jeune femme arrive à son tour.
- Pardon messieurs, mais une...
Le Président la coupe aussitôt.
- Apportez-moi un téléphone. Tout de suite!

..............
....
Le soleil brille sur la lagune, un courant d'air frais caresse le corps d'un homme en retraite. Il dort, son visage est celui d'un homme qui sait profiter du bonheur. Bercé dans son hamac, il repose sereinement, un sourire béat sur les lèvres.
Tout à coup, les bruits changent. L'homme s'éveille, les sens aussitôt aux aguets. Les oiseaux s'échappent des arbres, tels des insectes autour d'un cadavre qu'on dérangerait. Bientôt l'homme voit un hélicoptère anonyme survoler les arbres.
Il ne se fait aucune illusion. On l'a retrouvé...
Il attend que l'hélicoptère se pose devant lui.
Un homme portant un attaché-case noir en sort rapidement, courant vers celui qu'on appelait Bargi Kilmann. A son air un peu gauche et à ses habits, il semble être quelqu'un d'important, mais représentant quelqu'un de plus important encore.
Bargi lui fait signe de le suivre à l'écart du bruit des pales.

- Bonjour monsieur Kilmann. Je représente...
- Je m'en contrefous. Ouvre la mallette et viens en aux faits.
L'autre pâlit, mais agit rapidement.
Il ouvre la mallette sort les photos des derniers attentats ainsi que la lettre que lui a donné le président.
Bargi les observe nonchalamment.
- Qu'est-ce que c'est censé me faire? C'est qui ce président qui ne respecte pas ses engagements? Je suis en retraite. En retraite! Il ne comprend pas? Je suis mort officiellement. On ne peut plus rien me demander...
Tandis qu'il s'énerve, son interlocuteur reste calme et hoche la tête pour faire signe qu'il comprend bien.
- Ecoutez, je ne suis qu'un porte-parole, mais ce qui est sûr c'est que VOUS êtes l'homme de la situation. Vous avez servi le pays durant de nombreuses années sans que jamais qui que ce soit ne vous arrive à la cheville. Aujourd'hui la situation est grave et vous ne pouvez...
- Non, mais je rêve?! Vous venez me voir alors que je suis en retraite! Vous me dites que je devrais renquiller sous prétexte que personne d'autre ne peut le faire.. Vous n'oubliez pas juste un détail? Je ne suis plus des vôtres!
Chaque parole frappe l'autre un peu plus fort.
Bégayant, il cherche à trouver les mots qu'il faut...
- Mais... Comment pouvez-vous rester là alors que tous ceux que vous connaissiez risquent de...
- Je m'en fiche. J'ai rompu les ponts. Je... Je... Cassez-vous!
Les deux hommes se regardent en silence, l'un cherchant à ce que l'autre le suive, l'autre cherchant à lui faire comprendre qu'il a finit sa vie, qu'il a suffisamment rendu service à son pays.

.....

- Monsieur. Il n'a pas voulu venir, mais je lui ai laissé la mallette.

Le président et son porte-parole sont conscients que la situation est désespérée. Se souvenant tous les deux des derniers attentats, de ce qu'avait entraîné comme catastrophe économique la dernière guerre pour le pays.

....

La lune rayonne sur la mer. Un courant d'air froid caresse le corps de Bargi. Son cerveau est en ébullition.
Il était un homme d'action. Un soldat des services secrets. Un infiltré, un spécialiste des situations périlleuses. Mais ce soldat était mort.
Il avait exécuté un grand nombre de missions. Il avait eu son cotât de morts. Il avait risqué sa vie un nombre incalculable de fois. Les cicatrices sur son corps se croisaient en d'étranges arabesques...
Pourtant il était encore en vie...
Il sait que s'il y retourne il devra oublier qui il est. Que retourner en mission c'est n'être plus soi même... C'est jouer un rôle. Autrefois il n'aurait pas autant réfléchi. Il aurait agit. Il savait qu'il fallait agir pour que tout aille bien, pour pouvoir vivre tranquille. Mais aujourd'hui, il est à la retraite...
Que faire?

.......
Pendant ce temps, une tour haute de 65 étages explosait dans le centre ville de la capitale...

Posté par Lesendar à 13:53 - Catégorie: Jouir sous la contrainte
Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Bribe de conversation entendue dans le métro

Un ami et moi sommes allés manger un kébab rue Saint-Michel; lui est rentré et a tout vomi; tandis que moi je n'avais rien. Mon ami, en apprenant cela, avait l'air dépité. "ça veut dire qu'on n'a pas mangé le même kébab." Alors je lui ai répondu du tac au tac, "si, on a mangé le même kébab, mais tu as vomi le tien."

Posté par daedalus à 00:05 - Catégorie: Jouir sous la contrainte
Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 29 octobre 2007

A la va-vite

Paupières closes, souffles courts, les êtres s'agitent ancestralement fougueux: ils se mordent, se déchirent, se revèlent... et finalement se dissipent.
Paupières closes, souffles assagis: ils ont été.

Posté par Khelren à 23:55 - Catégorie: Jouir sous la contrainte
Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'embarras du choix

Le sultan Abdullah ne savait pas choisir.

Etre avec sa petite dulcinée brune aux profonds yeux noirs, c'est ne pas être avec la splendide fée nordique à l'épaisse chevelure blonde lui arrivant jusqu'à sa taille de guêpe, ni avec la magnifique déesse à la peau olivâtre et aux lèvres sensuelles, ni avec la voluptueuse Slave aux courbes sublimes et à l'appétit sexuel insatiable.

C'est pour ça qu'il avait un harem.

Posté par dancca à 23:49 - Catégorie: Jouir sous la contrainte
Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 2 octobre 2007

Thème d'octobre 2007

La rentrée s'annonce philosophique avec un thème qui ne l'est pas moins :

Etre c'est ne pas être

On jettera des tomates pourries sur Lesendar qui en est le sadique auteur...

Bonne inspiration!

Pour rappel, voici quelques indications:

- Si vous voulez commenter ce thème (et le maudire) ou en proposer un pour les fois suivantes, n'hésitez pas à laisser un commentaire à la suite de ce message.

- Un texte, par contre, méritera un message indépendant (afin de permettre de poster des commentaires spécifiquement sur ce texte). Autant que possible ne poster que le texte nu, si vous voulez ajouter une remarque concernant votre texte, postez la en commentaire.

- Tous les auteurs sont les bienvenus.

- Idéalement, le texte devra rester court, la lecture sur écran n'étant pas agréable à la longue. On évitera également les gros pavés de texte, sans saut de ligne...

- Idéalement, le texte devrait avoir été écrit spécifiquement pour cet atelier (je rappelle également qu'il y a une catégorie "Et pour quelques textes de plus" pour les textes hors thème mensuel).

- Pas de langage SMS, ni dans les textes, ni dans les commentaires...

- Vous avez jusqu'au mercredi 31 octobre à 23:59 pour poster un texte.

- On ne gagne rien, à part des commentaires et des critiques.

Posté par Khelren à 11:32 - Catégorie: Jouir sous la contrainte
Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1