L'atelier d'écriture clandestin

Un atelier d'écriture virtuel ouvert à tout ceux qui aiment écrire et désirent s'améliorer

lundi 31 mars 2008

Le seul animal

L’aube se levait et déjà, geignant, vagissant, il rampait écrasé par sa fragilité. Il avait quitté la chaude matrice sombre et désormais le monde s’ouvrait à lui, ses infinies possibilités résonnant avec sa solitude.

Il y eut ensuite le matin. Un matin d’innocence et de jeux cruels. Il courrait en tous sens, frénétique, infatigable. Il n’avait d’autre but que de tenter de repousser les limites et d’en subir la sanction, inlassablement…

Puis il y eut le milieu de journée. Un moment ingrat où toute la beauté du monde semblait lui échapper. Il s’imaginait tour à tour roi et mendiant, beau et laid. Ce qu’il pensait était d’or, en tout cas selon son propre jugement et il n’avait de cesse de se répandre sur les erreurs des autres.

C’est alors que l’après-midi vint et il regarda derrière lui, se retournant sur ses anciennes traces : une vague de nostalgie l’envahit… et la honte aussi, la honte envers sa récente stupidité. Ce fut un âge de nombreuses batailles sans réelle victoire.

Enfin, se fit le soir, accablant, voleur de ses souvenirs. Il vit vaguement ses joies passées et il lui restait ses peines toujours aussi présentes. Peu à peu ses sens filèrent, ses sensations fuirent.

Et une obscurité commença à tomber, un froid à fondre sur lui. Il leva les yeux et contempla Dieu dans les innombrables paillettes miroitant dans le ciel d’encre. Cette obscurité devint tout jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un néant de glace. Son esprit, ralenti, formula pour la première fois, la seule question qui avait de l’importance…

Mais quelle est ce noir ?

C’est la nuit.

Posté par Khelren à 14:22 - Catégorie: Jouir sous la contrainte
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